Les limites de la publicité pour les enfants

L’impact de la publicité pour enfants sur les enfants est difficile à mesurer, mais on soupçonne qu’elle entrave leur développement sain. Selon la psychologue Lais Fontenelle, de l’Institut Alana, le grand combat est que la publicité soit aujourd’hui plus éthique et consciente et qu’elle s’adresse aux adultes, qui seront les véritables acheteurs du produit.

“Toute publicité destinée aux enfants de moins de 12 ans est déjà abusive. Avant cet âge, ils n’ont pas la capacité critique de discerner entre le désir du produit et la pensée qu’au fond ils n’en ont pas besoin pour être acceptés ou pour être plus heureux”, explique-t-elle.

Le thème est tellement important et actuel qu’il a fait partie d’un examen de l’Enem (examen national du lycée). Selon M. Fontenelle, le fait que le sujet soit inclus dans l’examen a été une agréable surprise, même pour l’Institut Alana, qui se consacre à la discussion de cette question avec la société civile, les entreprises et le gouvernement.

Pour la psychologue, amener plus de “huit millions de jeunes à réfléchir à cette question de manière autoritaire” est très important et constitue une “victoire pour l’Institut Alana et pour tous ceux qui se battent depuis de nombreuses années pour la défense des enfants contre les appels des consommateurs”.

Qui est le responsable ?

Une discussion plus profonde et plus actuelle sur la publicité pour les enfants renvoie à la responsabilité. Le marché considère qu’il est du devoir exclusif des familles de fixer des limites, tandis que les entités liées à la protection de l’enfance estiment que cette obligation doit être partagée entre l’État, les médias, les écoles et la société.

Dans une interview exclusive accordée au portail NAMU, la journaliste et cofondatrice de l’association Palas Athena, Lia Diskin, réfléchit au rôle de la société dans la réglementation de la publicité pour les enfants :

En avril de cette année, le Conseil national des droits des enfants et des adolescents (Conanda) a publié une résolution détaillant ce qui est considéré comme abusif dans les publicités pour les produits destinés aux enfants. Il s’agit notamment de la présence de personnes ou de célébrités qui plaisent aux enfants, de bandes sonores de musique pour enfants ou chantées par des voix d’enfants, de dessins animés, de poupées ou de moyens similaires, tels que l’utilisation d’effets spéciaux et de couleurs excessives.

C’est dans la loi

Sur le plan juridique, il existe une législation sur le sujet dans la Constitution fédérale (CF). L’article 227 du CF garantit les droits prioritaires des enfants et l’article 37 du Code de défense des consommateurs (CDC) stipule que toute publicité qui profite de la vulnérabilité des enfants est considérée comme abusive. Ces dispositions montrent que le problème n’est pas l’absence de lois, mais leur non-respect.

“La législation ne fonctionne pas, car il n’est pas dans l’intérêt du marché que cela se produise. Les annonceurs affirment que si vous soumettez un enfant à un contact permanent avec une marque, il sera fidèle à cette marque du berceau à la tombe. Ils ne veulent donc pas adresser le message de consommation aux adultes, car ils ont déjà une plus grande capacité critique”, estime M. Fontenelle.

La psychologue Lais Fontenelle estime que l’important est que les parents consacrent leur temps à leurs enfants

La publicité pour les enfants est également liée à l’encouragement de la culture matérialiste au détriment d’une culture plus humaine. Pour Fontenelle, les objets agissent comme des médiateurs de nos relations affectives, ce qui démontre la distorsion des valeurs qui est acceptée par la société de consommation. “Je connais des mères qui rentrent tard à la maison parce qu’elles s’arrêtent pour acheter un biscuit ou une poupée, elles font cela parce qu’elles se sentent coupables d’être absentes, mais elles finissent par perdre ce qui serait le plus précieux pour l’enfant, à savoir du temps avec elle”, dit-il.

Selon le psychologue, les objets servent également de billets sociaux. “Ce phénomène est plus marqué dans l’enfance et l’adolescence. Par exemple, si l’enfant a ou non certains sacs à dos”, points.

Que peuvent faire les parents ?

Pour atténuer l’impact de la publicité pour enfants sur le comportement des enfants, les parents peuvent prendre des mesures. En plus de réfléchir à la question et de chercher des informations sur les sites web des organisations engagées dans la défense des enfants, la psychologue Laís Fontenelle indique trois actions :

  • Avoir un comportement cohérent avec le discours : il ne sert à rien de dire une chose et d’en faire une autre qui va dérouter le petit enfant. Si vous voulez vraiment éduquer votre enfant à une consommation plus responsable, il faut commencer par vous. Il ne sert à rien d’aller au centre commercial et de dire à votre enfant que vous n’allez rien acheter et que l’argent ne pousse pas sur un arbre et, quelques minutes plus tard, d’entrer dans un magasin pour adultes et d’en ressortir plein de sacs.
  • Faites des programmes qui n’impliquent pas la consommation : une option consiste à fréquenter les espaces publics ou à faire des activités culturelles.
  • Soyez plus présent et offrez moins de cadeaux : soyez avec votre enfant en fait, car c’est ce dont il a besoin. Ils n’ont pas besoin de la Playstation 4. Ils ont besoin du regard sensible et attentif des parents au quotidien dans cette phase de formation qu’ils vivent.